7 Avril 2016

Discours de SEM Guennady GATILOV, Chef de la Délégation de la Fédération de Russie à la 199ème session du Conseil Exécutif de l'UNESCO


L’intervention de SEM Guennady GATILOV,


Chef de la délégation de la Fédération de Russie


à la 199ème session du Conseil Exécutif de l’UNESCO


(Paris, le 7 avril 2016)


 


Madame la Directrice Générale,


Monsieur le Président du Conseil Exécutif,


L’ordre du jour de cette session du Conseil exécutif est comme auparavant extrêmement dense ce qui témoigne du fait que l’Organisation est indispensable, c’est la structure morale et éthique indispensable de l’architecture internationale.


Le monde d’aujourd’hui traverse une periode extrêmement difficile qui se caractérise par une véritable instabilité politique et économique, sociale et des relations internationales, et les processus perturbateurs s’amplifient et s'étendent à toujours plus de régions : le Maghreb, le Moyen Orient, les pays du continent européen. Les éruptions d’intolérence exacerbée, le vandalisme, les attentas font maintenant partie de notre quotidien.


Nous sommes persuadés que l’UNESCO qui est la plus grande Organisation humaniste du système des Nations Unies doit réagir d’une manière adéquate aux manifestations de la brutalité quel que soit la forme qu’elles prennent, que ce soient attentes à la vie humaine ou la destructions des éléments sacrés et des monuments sacrés sur le fond de divergences interculturelles. Nous sommes tous dans maison commune, nous avons un héritage commun, et nous nous félicitons du fait que l’UNESCO s’appuyant sur ses fondements juridiques œuvre afin de renforcer les efforts internationaux pour éradiquer et prévenir toutes ces tendances nocives et dangereuses.


Dans ce contexte nous nous félicitons des efforts déployés par les états membres de l’Organisation pour préserver le patrimoine culturel de la Syrie. La Russie, comme vous le savez, a beaucoup fait pour normaliser la situation dans ce pays et nous avons contribué à créer les conditions favorables à la sauvegarde des biens culturels épargnés.


Nous condamnons fermement la destruction criminelle préméditée du patrimoine culturel, des biens culturels et des musées en Syrie. Nous sommes très préoccupés par les dégâts causés par les terroristes de soi-disant « Etat islamique » aux monuments de la ville antique de Palmyre. Et la Russie apporte tout son soutien au peuple syrien et se félicite des efforts déployés par armée syrienne pour libérer cette ville.


Il est indispensable maintenant que l’UNESCO œuvre pour le suivie de la situation dans la région de Palmyre afin d’y envoyer le plus rapidement possible une mission internationale d’experts pour évaluer les dégâts, une fois que la sécurité nécessaire soit assurée. Il faut également qu’un plan de restauration et de rénovation soit élaboré. Lors d’une conversation téléphonique récente le Président Vladimir Poutine et la Directrice Générale se sont accordés sur le fait que des efforts bien pensés de la communauté internationale permettront de restaurer ce bien inestimable pour l’humanité. La Russie a présenté au cours de cette session du Conseil Exécutif un projet de décision sur le rôle de l’UNESCO dans la conservation et la restauration de Palmyre et d’autres biens syriens inscrits au patrimoine mondial et nous espérons que toutes les délégations comprennent l’importance de cette initiative et la soutiennent. Il est absolument indispensable de mettre de coté les ambitions politiques et d’unir nos efforts pour mettre en œuvre cette priorité.


Un autre thème essentiel de cette session est l’adaptation de nos activités de programme à l’agenda de 2030, bien entendu surtout dans le domaine de l’éducation, et cela ira au-delà de cette session. Il faut que tout cela soit reflété dans le programme et le budget de l’UNESCO pour 2018 – 2019.


Il est importante que notre Organisation non seulement réagisse vite aux défis émergents mais puisse également créer les conditions d’un dialogue directe et élargi de tous les partis intéréssés, et ce même sur les questions les plus difficiles, et n’accepte pas la politisation de ses actions. La tentation d’utiliser le caractère humanitaire, humaniste de l’UNESCO pour réaliser ses objectifs politiques égoïstes par certains des états membres que nous voyons, malheureusement, de plus en plus souvent à l’UNESCO ne permet pas de trouver une véritable solution aux problèmes. Les mesures adoptées doivent être équilibrées, réalistes et réalisables.


Je vous remercie.