9 Juillet 2020

Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie: sur le blocage des chaînes du groupe RT en Lettonie, en Lituanie et en Estonie


Nous continuons d'assister à une violation cynique des engagements internationaux en matière de liberté de la presse dans les pays baltes, qui cachent de moins en moins leur obsession pour la russophobie et leur intention de se débarrasser par tous les moyens de la présence informationnelle russe dans leur espace médiatique. Nous parlons ici de l'attaque des autorités lettones, lituaniennes et estoniennes contre les chaînes du groupe médiatique RT. La coordination de cette attaque est flagrante, et est confirmée publiquement par les représentants de ces pays.


Je voudrais rappeler que le 30 juin a été annoncée la décision de bloquer la diffusion de 7 chaînes du groupe RT en Lettonie, sur laquelle nous nous sommes exprimés pendant la conférence de presse précédente. Cette décision était motivée par des "sanctions personnelles" de l'UE contre le directeur général de l'agence de presse Rossiya Segodnya Dmitri Kisselev, qui n'a rien à voir avec le holding RT, ce que nous avons rappelé plusieurs fois également.


Ensuite, le 1er juillet, la Commission de la radio et de la télévision lituanienne s'est dite prête à prendre les mêmes mesures que ses homologues lettons envers les mêmes médias, sous le même faux prétexte. La décision du blocage entre en vigueur aujourd'hui, chaudement soutenue par le Ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevicius qui a rappelé que "cela [faisait] déjà sept ans que la Lituanie [adoptait] des restrictions contre des médias russes". Il serait bénéfique que Bruxelles, l'OSCE et d'autres structures, notamment des ONG et des structures médiatiques compétentes, l'entendent.


Quelques jours plus tard, le 6 juillet, le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Reinsalu a soutenu les actions de la Lettonie d'interdire la diffusion des chaînes du groupe RT et a promis d'analyser l'efficacité de cette mesure en Estonie.


Faut-il encore commenter quelque chose après ces faits et les citations directes des représentants officiels de pays membres de l'UE, d'une union qui proclame pour objectif la défense des idéaux de la démocratie et des libertés fondamentales? Il est consternant qu'aucun des responsables de l'UE n'ait encore commenté la grossière violation de la liberté d'expression et la lutte contre la dissidence dans les pays baltes.


Nous estimons que c'est le silence inadmissible de Bruxelles concernant de nombreux épisodes de discrimination de médias russes dans les pays baltes qui a délié les mains de ces pays à tels point qu'ils ne prennent plus la peine de chercher des explications plausibles à leurs mesures et démarches vis-à-vis du holding médiatique russe.


Ces mesures antidémocratiques discréditent Vilnius, Riga et Tallinn aux yeux de la communauté internationale et sont contraires à leurs engagements internationaux en matière de garantie de la liberté de médias et d'accès libre à l'information. Nous le disons ouvertement à nos partenaires baltes, mais ils refusent manifestement de nous entendre.


Nous espérons que les structures internationales compétentes et la communauté des droits de l'homme réagiront à ces violations directes. Cela ne nécessite aucune preuve ou enquête. Il existe une directe violation des engagements assumés de leur plein gré par ces États et placés en priorité dans leur politique nationale et étrangère. De notre côté, nous enverrons des requêtes officielles à l'Unesco, à l'OSCE et au Conseil de l'Europe.