13 Novembre 2020

Maria Zakharova, porte-parole du MAE de la Russie: sur la suppression d'un contenu documentaire par le service YouTube


Nous avons constaté un nouvel exemple de censure politique par le service d'hébergement YouTube, contrôlé par la multinationale américaine Google.


Le 10 novembre 2020, les modérateurs du service ont reconnu le film-investigation "Suicide d'envergure internationale" sur le crash du Boeing malaisien MH17 dans l'Est de l'Ukraine comme une "violation des principes et des règles du site", en le retirant avant la première. La suppression du film a eu lieu juste avant le début de nouvelles audiences au tribunal aux Pays-Bas, prévues aujourd'hui le 12 novembre. De quoi parle ce film qui aurait enfreint les règles du site?


Il traite de la version de l'implication de l'armée de l'air ukrainienne dans le crash de l'avion de ligne et tente de comprendre les circonstances des faits, notamment les causes réelles de la mort du pilote ukrainien Vladislav Volochine, l'un des suspects dans l'affaire du crash.


Le film a été téléchargé par les modérateurs de la chaîne YouTube de l'édition multimédia Ukraine.ru pour être ensuite publié en accès libre, mais ce fameux site d'hébergement avait ses propres projets à ce sujet. Comme toujours, aucune explication n'a été fournie pour savoir ce que ce film enfreindrait concrètement.


Il est difficile d'expliquer cet acte de censure autrement que comme une tentative de certains acteurs de supprimer de la diffusion mondiale les versions alternatives sur la tragédie de 2014.


Nous appelons l'administration de YouTube à revoir sa décision et à renoncer à une telle modération politisée. Par ses actes, le site enfreint le droit de son public à "chercher, obtenir et diffuser l'information et les idées par tous les moyens indépendamment des frontières nationales". Il s'agit de l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948: YouTube juge qu'elle transgresse également les règles de la plateforme?


Nous nous attendons à ce que les structures internationales compétentes et les organisations des droits de l'homme réagiront dûment et exprimeront un avis impartial sur les actions de la compagnie américaine.