13 Novembre 2020

Maria Zakharova, porte-parole du MAE de la Russie: sur le renvoi forcé du professeur Valeri Gromov de l'Université technique de Dniepr



Réponses aux questions:


Question: Les médias ukrainiens et le réseau social Facebook sont troublés depuis deux mois par l'annonce du renvoi forcé du professeur Valeri Gromov de l'Université technique de Dniepr, qui, à la demande d'une étudiante de dispenser le cours en ukrainien, a refusé en déclarant: "Deux langues - une nation; une langue - c'est une ruine, pas l'Ukraine". Après la plainte de l'étudiante au rectorat, la direction de l'établissement a forcé le professeur qui travaillait à l'université depuis 27 ans à faire un choix. Il a démissionné, en optant pour le russe. Aujourd'hui, des milliers d'enseignants ukrainiens connaissent le sort du professeur. La Russie, via les départements compétents du gouvernement, peut-elle faire preuve de son attention et de son attitude non indifférente envers de tels étrangers qui défendent la langue russe dans un contexte russophobe?


Réponse: L'histoire qui s'est produite à Dniepropetrovsk, quand l'administration de l'Université technique, au lieu de prendre la défense du professeur respecté Valeri Gromov après  plusieurs décennies de travail à l'université, l'a forcé à démissionner, est une honte. Une honte pas seulement pour l'Ukraine. C'est une honte pour l'Europe. C'est une nouvelle du Moyen-Âge - impossible de qualifier les faits autrement. Bien sûr, on pourrait dire que c'est une nouvelle preuve de la violation des droits de la population russophone du pays. Mais ce sont des formulations très souples.


Le fait est que ce cas n'est pas isolé. Il est résonnant et attire l'attention par son injustice scandaleuse. Mais combien y a-t-il de tels cas dans toute l'Ukraine, pratiquement tous les jours, à un niveau tout aussi grave? Les gens en souffrent tout autant. C'est la pointe de "l'iceberg" de la discrimination linguistique en Ukraine.




Il est parfaitement évident qu'en adoptant des lois discriminatoires et absurdes sur l'ukrainisation forcée, les autorités de Kiev sèment intentionnellement la discorde entre les citoyens qui parlent aussi bien ukrainien que russe. Je rappelle que la protection et le développement libre du russe, parlé par un très grand nombre de gens en Ukraine, sont garantis par la Constitution ukrainienne. Le problème linguistique n'existait pas en Ukraine tant qu'il n'avait pas été introduit d'en-haut. Nous comprenons que cela fait partie du processus politique, d'un grand jeu politique sale. Les gens n'avaient pas de problèmes, ils ont été créés. Ils ont été créés intentionnellement, pour de l'argent, en utilisant des technologies, en comprenant les résultats qu'entraînerait une telle politique. Les gens se comprenaient parfaitement sans jeux politiques. Ils parlaient russe et ukrainien, parfois en même temps. Que fera-t-on ensuite? On va reprendre les gourdins, comme l'Ukraine l'a déjà fait? Attraper les gens dans la rue? A quoi pousse-t-on, notamment les nationalistes, par de tels actes? A la permissivité absolue?


Un sondage du Centre d'analyse de contenu "Espace de liberté", publié récemment dans les médias pour savoir quelle langue était plus souvent utilisée par les Ukrainiens pour communiquer sur les réseaux sociaux, par exemple, a révélé que malgré tous les efforts de Kiev pour évincer le russe, la part de son utilisation dans la communication des Ukrainiens ne diminuait pas.


En ce qui concerne le professeur Valeri Gromov, sa ferme position civile suscite le respect et sera indéniablement un exemple digne pour de nombreux citoyens russophones qui défendent leur droit constitutionnel de parler, d'apprendre et de travailler dans leur langue natale.


De notre côté, nous continuerons de dénoncer de telles violations des droits de l'homme en Ukraine en attirant sur elles l'attention des organisations internationales des droits de l'homme.