11 Février 2021

Maria Zakharova, porte-parole du MAE de la Russie: sur la censure des réseaux sociaux en France


Comme nous l'avons déclaré à différentes occasions, le problème de la violation du principe de liberté d'expression par les compagnies internet américaines globales se pose sérieusement. J'attire de nouveaux l'attention sur la déclaration faite par le Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie sur les doubles standards, le parti pris non dissimulé, l'absence de régulation juridique civilisée et l'abus des normes en vigueur à ce jour.


Outre les exemples flagrants, comme dans le cas du blocage des comptes de l'ex-Président américain Donald Trump, il existe des cas moins notables mais tout aussi graves. Voici un exemple de répression de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux en Europe, notamment en France (il est question de plateformes américaines). Fin décembre 2020, sur la base d'un prétexte complètement fallacieux et, au fond, parce qu'il a exprimé son avis, Twitter a bloqué le sénateur français Sébastien Meurant. Ce n'est pas un cas isolé. Le compte de la revue en ligne Boulevard Voltaire a connu le même sort pour avoir publié en tant que logo le fragment du célèbre tableau d'Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple. C'est un cas anecdotique. C'est un symbole de la France, un tableau connu non seulement des Français mais qui symbolise également ce pays pour plusieurs États et nations. Le réseau social a justifié cette décision en notant que l'image "[enfreignait] les règles de Twitter relatives à la violence explicite et au contenu pour adultes dans les images de profil".


Il est consternant que des cas aussi absurdes et incompréhensibles ne suscitent aucune réaction ni à Paris, ni dans les médias centraux français, qui défendent avec beaucoup de zèle la liberté d'expression dans les pays qui ne font pas partie du club d'élite sous l'enseigne du "monde libre". Pour une certaine raison les Américains gardent le silence à ce sujet, le Département d’État américain n'a pas fait de déclaration écrite. Nous attendons. Peut-être qu'ils changeront d'avis. Apparemment, lorsqu'il est question d'une censure exercée par les plateformes internet américaines, ces principes peuvent être ignorés.


Nous répétons que la pratique du "diktat numérique", de la censure et qui plus est de l'usage des réseaux sociaux en tant qu'instrument d'ingérence dans les affaires d’États souverains est inadmissible en principe, indépendamment du pays d'origine de ces plateformes. Nous rappelons que la garantie de la liberté d'expression est une obligation de tout État de droit démocratique. Les décisions prises doivent s'appuyer sur une base légale, ne doivent pas être pris en otage des opinions politiques d'un groupe d'individus. C'est fixé, d'ailleurs, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme à laquelle aiment tant se référer les partenaires occidentaux, notamment les pays de l'UE et Paris.


Nous voudrions noter à cet égard que les médias russes se sont habitués depuis longtemps à ce que leur activité à l'étranger subisse la censure, et se sont adaptés à ces conditions de travail difficiles. Cependant, cette adaptation ne signifie pas que nous considérons désormais cette situation comme la norme.