26 Mars 2021

Maria Zakharova, porte-parole du MAE de la Russie: sur les nouvelles sanctions antirusses de l'Ukraine


Puisque, depuis un certain temps, Bruxelles est devenu co-sponsor de tous les "changements" qui s'opèrent actuellement en Ukraine, puisque Bruxelles soutient le régime de Kiev dans tout ce qui est entrepris sous la forme d'un "mouvement" vers de prétendus fondements démocratiques et valeurs occidentales, il serait possible de réagir (du moins publiquement) à la validation le 23 mars, par le Président ukrainien Vladimir Zelenski, de la décision du Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine d'adopter des sanctions de trois ans contre 26 citoyens de la Fédération de Russie, 81 compagnies russes et plusieurs médias russes. Parmi ces derniers: l'agence de presse Rossiya Segodnya, les sites d'information Lenta.ru et Gazeta.ru, ainsi que des agrégateurs d'actualité, etc.


J'ai l'impression que par de telles mesures, le régime ukrainien étudie le "fond" de la diplomatie en Ukraine. Le fait est que les restrictions incluent le blocage des actifs, la restriction et la suspension des services de télécommunication et des réseaux communs de télécommunications, ainsi que l'interdiction pour les opérateurs internet de fournir des services d'accès aux médias mentionnés.


Cette nouvelle portion de sanctions a complété les statistiques déjà alarmantes du mois dernier, quand avaient été bloqués plus de 400 sites et 7 chaînes. Autrement dit, l'aspiration à la démocratie en Ukraine a clairement tendance à chuter. Nous considérons ces démarches comme contraires aux principes fondamentaux de la liberté d'expression et du pluralisme d'opinions, ainsi que contraires à l'esprit de la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Peut-être qu'elle aussi sera bientôt interdite à la lecture en Ukraine, parce qu'en lisant ce document il devient clair que le pays avance dans le sens opposé.


Nous constatons, dans la continuité de la ligne de Kiev, la directive d'instaurer la censure, d'éliminer de l'espace informationnel les médias indésirables, de discriminer les citoyens russophones de son pays et d'intimider tous les dissidents et les récalcitrants vis-à-vis de la situation en Ukraine.


Je rappelle que depuis 2014, année du coup d’État à Kiev après lequel les autorités ukrainiennes ont adopté leur ligne de rupture de toutes les relations avec la Russie, l'Ukraine a déjà organisé plusieurs campagnes de restriction de la présence russe et russophone sur son territoire. Selon les différentes estimations, les "sanctions" illégitimes de l'Ukraine concernent près de 2.300 personnes physiques et plus de 1.000 personnes morales de Russie. Je voudrais rappeler également que parmi les "indésirables" pour le régime de Kiev se trouvent des structures telles que l'Université d’État de Moscou, le musée de l'Ermitage, le Musée des beaux-arts Pouchkine et d'autres.


La législation ukrainienne a été réformée dans l'objectif de justifier l'offensive contre les sources d'information alternatives. Elle était gênante et a donc été changée. Les documents juridiques déjà adoptés ou en élaboration contiennent des termes clairement discriminatoires, mais sans conséquences pour Kiev. Bruxelles a d'autres occupations: les sanctions unilatérales illégales contre Moscou et une nouvelle mythologisation d'une prétendue menace russe.


Cette fois non plus, nous n'avons pas constaté de réaction des structures compétentes de l'OSCE, de l'Onu, du Conseil de l'Europe ou de l'Unesco pour la liberté des médias et les droits de l'homme aux restrictions illégitimes de l'Ukraine depuis le 23 mars.


Nous appelons la communauté internationale à renoncer à cette politique non seulement de doubles standards, mais également de non-adoption de mesures efficaces contre une atteinte notoire aux principes démocratiques, et à exprimer un avis objectif sur tous les nombreux épisodes d'assassinats, d'intimidations, de persécutions pénales des dissidents et d'autres formes de persécutions de journalistes en Ukraine. De notre côté, bien évidemment, nous envoyons et continuerons d'envoyer toutes les informations à ces structures internationales.